L'épopée Tzigane

24 octobre 2007

POUR VOUS MES AMIS VOYAGEURS

 

 

 

Je dédie ce blog à Lydie, à Renée

 

et à toute sa famille.

 

Vous mes amis Gitans ;

la vie m'a mise sur votre route,

elle m'a donné

le bonheur de vous connaitre

et de vous aimer.

 

 

 

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ECOUTE MOI GADJO

 

 

 

Ecoute moi, écoute moi gadjo,

 

je suis t'en souviens tu, le bohémien , qu'un jour tu as chassé,

 

devant les tiens, devant les tiens en criant au voleur, au voleur il va nous porter malheur!

 

Et tu savais que j'étais innocent, mais ça fait bien de chasser les gitans .

 

 

Je veux chanter, chanter, pour vous faire entendre, qu'il ne faut pas juger gadjé, le peuple des gitans à travers vos légendes.

 

Ecoute moi , écoute moi gadjo .                                                                                  

 

Crois tu que nous soyons si différents,

 

n'avons nous pas gadjo, le même sang, le même sang, versé par nos pères,

 

qui sont morts cote à cote à la guerre .

 

N'avons nous pas gadjo le même coeur, les mêmes larmes en face du malheur.

 

 

Je veux chanter ,chanter pour vous faire entendre, qu'il ne faut plus juger gadjé ,le peuple des gitans à travers vos légendes ,à travers vos légendes .

 

 

 

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Posté par Gelso à 00:03 - gens du voyage - Commentaires [3]


23 octobre 2007

POEMES DE CAROLINA

C'est de tout coeur, que j'adresse un grand merci à Caroline qui a eu la gentillesse de m'offrir la possibilité de déposer ses deux merveilleux poèmes de sa création sur mon espace.

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TU DANSAIS...


Fille de Grenade, on te disait gitane,
Etrange destinée que la tienne,
Ô Maria, enfant d'Orient, ardente flamme.
Tu dansais par les nuits de pleine lune,
Sous la voûte constellée d'étoiles
De nuits chaudes et ensorcelantes...
Tu dansais, femme aux sangs mêlés,
Animée par les plaintes de la guitare,
Séculaire mélodie de l'Amour et de la Mort...
Tu dansais, cheveux aux reins, corps exalté,
A travers les venelles de Grenade,
Ferveur rendue aux voix des Cantaores,
Eternité de la vie, ivresse du rythme...
Tu dansais, cascade de grâce et de lumière,
Déchirante réponse aux sanglots colportés par les vents...
Rêve extasié du Poète de la lune.
Parée de ta robe pourpre, ton regard ambré dans son regard,
Tu dansais, possédée d'une force animale, insoumise,
Transportée par le souffle incandescent des mélopées
Et l'éternité solaire du chant et de la poésie...
Ô Maria, et de cette musique ravie aux dieux,
Dans une soif sauvage de liberté, comme un enlacement de fée,
Tes gestes s'envolaient vers les cieux, telle une prière...
Et tu dansais ces chants de solitude,
Art sacré, essence, vibrations des cordes.
De ton âme, de ton cœur, de ton corps naissait la quête ancestrale,
Errance du Flamenco....
Tu dansais, les poèmes de Federico s'en souviennent encore...
Maria, petite fille trop tôt envolée, éphémère papillon,
Un mal insidieux, ton souffle coupé, ta vie évaporée...
Tu t'es endormie dans la soie des ténèbres,
Avant que l'aube ne pointe,
Le destin a ajouté une étoile à l'infini...
Ô Maria, tu es de tous les pays, ta jeunesse n'a point de tombe...
J'écoute le murmure des vents qui me content ton histoire.
Mon rêve est ton nom, nos songes s'entremêlent,
Et par les fenêtres du temps voyagent entre toi et moi...
Identité, mémoire, je porte en moi tes racines,
Par nos sangs mêlés, Maria, je suis gitane,
Etre sans frontières, je sens ma terre, je la respire,
J'Aime, je vis, et je danse, je danse, je danse.....

CAROLINA ( Hommage à une grand-mère que je n'ai pas connue...)

Posté par Gelso à 23:55 - Poèsie Gitane - Commentaires [0]

"L'AMOUR QUI MEUT LES MONDES CHANTANTS"

flamenco_2

A l'aube cristalline d'un jour nouveau
Sous les fastes de la voie lactée
Bénie par le baiser cuivré de la lune
Telle une épure,
Dans sa robe de neige au parfum
d'oranger

Elle chante..

                                                                      
Sur son visage d'aurore, ses lèvres , pétales de
bougainvillés
Psalmodient le pouls de l'Andalousie ,
Qui naît et meurt dans la beauté du chant....
Coeur d'ambre, cils baissés, le timbre est voilé;
Le souffle se fait complainte jusqu'au firmament,
Hymne sacré, mélopée originelle...
Les corps frémissent,s'élancent,
Des mains et des pieds rythment les douleurs et les joies
Noces de l'ombre et de la lumière,
Vertiges de la mort et de la vie...
L'appel de la guitare, éternité d'amour, attire
Les transes de l'absolu, la quête spirituelle,
Quand souffle l'esprit et l'innocence du monde...
La voix, couleur de flamme, est rhapsodie,
Le chant, poéme, amour et ruisseau de miel blond,
Murmure ou fulgurance de l'orage...
C'est l'heure des étoiles, ruche de silence,
Errance éternelle du coeur et de l'âme...
Dans la douceur féminine de la nuit
Oasis parfumé de la terre andalouse,
Le cri sauvage du soleil s'élève
Aux matins transparents du monde,
Fusionne sangs et origines
A ces chants de solitude, exil ancestral...

A l'aube cristalline d'un jour nouveau,
Telle une épure,
Dans sa robe de neige au parfum
d'oranger,
Elle chante...

    Carolina         

Posté par Gelso à 23:45 - Poèsie Gitane - Commentaires [0]

14 octobre 2007

A TOI RENEE, MON AMIE, MA SOEUR ADOPTIVE

Souvent tu m'as demandé d'écrire un billet ou un petit journal sur lequel,

je parlerai de notre rencontre, de ma vie avec toi, tes enfants et toute ta famille.

Si j'avais été écrivain, j'aurai pu faire un livre, mais hélas,

je crains de ne pas être assez douée.......

Le temps a passé, et je n'ai toujours rien écrit,

peut être parce que je ne savais pas par quel bout commencer, il y a tant à dire!

Aujourd'hui, nous sommes un peu éloignés les uns des autres;

par les kilomètres qui nous séparent, toutefois nous sommes toujours

aussi proches dans notre coeur.

Ce blog, je le fais pour toi Renée, et aussi pour toute ta famille.

Je le fais aussi pour mon amie Lydie que j'ai connu en Belgique et qui est

comme vous une gitane sédentaire, que j'aime aussi beaucoup.

Excusez moi, vous mes amis gens du voyage, si vous percevez

quelques lacunes dans mes textes ou certaines erreurs.

Sur un prochain billet, je parlerai de ma rencontre avec toi Renée

et avec ta famille que tu m'as présentée et qui m'a ouverte les bras et leur coeur.

Bonne route....... latcho drom

Christine-Gelso

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Posté par Gelso à 07:07 - gens du voyage - Commentaires [0]

13 octobre 2007

Te souviens tu Renée?

Te souviens de notre première rencontre?

Oui j'en suis sure tout comme pour moi, ce jour restera gravé dans ma mémoire.

Toi et moi, parmi d'autres réunis ce soir là

chez Thérèse et Nelly, à St Ouen.

Nous avions des amies communes, mais ne nous connaissions pas.

Très vite nous avons toutes les deux entamé la conversation, et nous sommes de suite senties en totale harmonie...Ce fût le début d'une très longue amitié... avec toi pour commencer et avec toute ta famille par la suite.

Ta famille, tes enfants, tes petits enfants, au début ils m'ont acceptée avec beaucoup de gentillesse parce que j'étais ton amie, et au fil des jours, nous nous sommes connus, appréciés et aimés et vous m'avez adoptée à ma plus grande joie.

Très vite je me suis trouvée à l'aise avec vous et très proche.

Laquelle de nous deux a commencé à appeler l'autre sa soeur adoptive, toi? moi? je ne sais plus mais peut être l'avons nous dit en même temps!

Je vous aime mes amis, vous me manquez. Votre présence, votre chaleur, votre joie de vivre malgré tout les soucis...

Bien sur, nous continuons de communiquer, mais ce n'est plus comme avant, je suis un peu loin pour venir si souvent...Nos rencontres, nos fêtes, les joies et les peines que nous partagions ensemble, tout cela me manque. Votre coeur est grand, votre amitié fidèle, je suis fière d'être de votre famille de coeur.

Merci à vous mes frères et soeurs.

muguet_et_rose

Posté par Gelso à 15:06 - Commentaires [0]




13 août 2007

Le Flamenco

Le cri gitan

C'est en terre andalouse que le flamenco a pris racine. Son histoire, celle du mariage de la terre et du feu, est intimement liée au vécu de ses premiers interprètes: les gitans.
Voyage aux sources.


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La voix s'est brisée, rauque, comme un sanglot. Il est deux heures du matin dans le sud de l'Espagne. "La Fernanda", comme on l'appelle ici, vient de déchirer la nuit d'une soleá, un chant flamenco. C'est une histoire d'amour désespérée que raconte la chan-teuse gitane, la main levée vers l'assistance. Puis soudain la guitare résonne, et enchaîne, plus rapide. Fusion profonde entre l'orient de la voix et l'occident des cordes.

"Vêtue de ses noirs manteaux,
elle croit que le monde est petit
et que le coeur est immense"

Le flamenco est un oiseau de nuit, un cri longtemps retenu qui s'échappe à l'heure où la fatigue et l'alcool ouvrent la porte aux états d'âme. Nous sommes à Utrera, un bourg andalou de la province de Séville, encerclé d'oliviers. Pendant cinq nuits, la po-pulation sacrifie au rite de la feria et oublie de dormir. Dans ce vacarme assourdissant de "sevillanas", la danse adulée des Anda-lous, le flamenco s'infiltre, discret, tard dans la nuit, là où se réunissent les gitans.

Agée de plus de soixante-dix ans, Fernanda est l'une des plus grandes figures du "cante jondo", le "chant profond".

Ce soir, on lui rend hommage. Elle pousse une dernière soleá, les yeux fermés et la gorge secouée de soubresauts. Des "¡Olé Fernanda!", "¡Toma!" ("Vas-y!") fusent de l'assemblée qui dit ainsi son émotion et accompagne le cante de "palmas", les battements de mains. Et puis plus rien. Le silence. Fernanda salue et reçoit des fleurs. Seuls les grillons qui ont envahi la tente par dizaines donnent encore de la voix. Derrière nous, un connaisseur se lève. "Ya se acabó la feria", murmure-t-il. "Voilà, la feria est finie." Une façon de dire que le flamenco est passé, qu'il est si bien passé qu'il n'y reviendra plus. La tente se vide. Dans les allées qui portent les noms des différents chants flamencos, comme la siguiriya, le plus tragique, ou la bulería, au rythme rapide et enjoué, des essaims de jeunes femmes en robes à pois soulèvent la poussière. Lors de la feria, la plupart des femmes adoptent la robe flamenca, le costume de gitane. Leurs petites filles affublées des mêmes atours ressemblent à des poupées, perdues dans les volants.

"A l'heure où la nuit tombait,
nuit de la nuit toute pleine,
les gitans sur leurs enclumes
forgeaient des soleils et des flèches..."

Troubadours et forgerons
Utrera est un des berceaux du flamenco, qui a jailli ici, au coeur occidental de l'Andalousie, le long du fleuve Guadalquivir, entre Utrera, Cadix, Jérez et Séville. Comme les oliviers qui recouvrent avec constance la terre rouge et plate de la plaine, le flamenco a trouvé ici un terrain poussiéreux mais fertile. Ses racines sont profondes. Elles se confondent avec l'histoire de ses interprètes de toujours: les gitans, ce peuple de culture orale dont l'origine se situe probablement en Inde. Arrivés en Espagne au XVe siècle, les gitans exercent aussitôt leurs talents de musiciens, à travers le chant et la danse. Ils participent aux réjouissances populaires, allant de village en village, invités souvent par les nobles qui les paient pour animer leurs réceptions. Ils exercent également les métiers de forgeron, maréchal-ferrant ou dresseur de chevaux. Mais ces gens venus d'ailleurs, nomades incontrôlables, allaient susciter la méfiance et la haine du pouvoir. La répression et l'extermination des gitans s'organisent. En 1749, l'évêque d'Oviedo demande leur arrestation générale.

Certains gitans sont exemptés des lois en vigueur grâce au service rendu par un des leurs dans l'armée des Flandres. D'où leur surnom de "Flamenco", les Flamands. Devenus sédentaires, ils s'installent dans les villes et les villages, et c'est des quartiers gitans que jaillira au début du XIXe siècle la musique baptisée elle aussi flamenco.

Une histoire de famille
Le flamenco est apparenté aux chants traditionnels andalous, que les gitans avaient interprétés dans leur passé de musiciens. Pourtant, ces airs, à l'origine légers et joyeux, sont méconnaissables. Ils portent les stigmates d'une longue période de souffrance et d'enfermement. Les rythmes ont éclaté, se chargeant de ruptures insolites aux tonalités orientales. Le chant est devenu plus profond, blessé, tragique.

C'est par l'intermédiaire de quelques familles gitanes bien intégrées, parfois même métissées, qu'il va apparaître au grand jour et se diffuser.

"Dans la nuit du jardin,
six gitanes
dansent,
habillées de blanc..."

Fernanda de Utrera et sa soeur Bernarda, elle aussi chanteuse, sont issues de ces quelques familles qui forment la dynastie du flamenco. La plupart des interprètes d'aujourd'hui sont parents, cousins plus ou moins éloignés. Leurs ancêtres se nomment Ortega, Jiménez, Pavón ou Pinini, tous gitans. C'est avec l'irruption des cafés "cantante", les cafés chantants et plus tard les "tablaos" ou cabarets, que le flamenco engendrera ses artistes professionnels, et parfois sa propre décadence.

A Utrera, le berceau du flamenco se situe au coeur du vieux bourg, dans la Calle Nueva, la rue où vivait traditionnellement la communauté gitane. Une ruelle bordée de maisons blanches et basses, bâties autour de patios et surmontées de terrasses, qui semblent nous rappeler que Tanger et sa médina sont plus proches à vol d'oiseau que Madrid. C'est ici que sont nés les chants d'Utrera.

Triana la nostalgique
Nous quittons Utrera pour Séville, à l'heure où le soleil chasse l'ombre et où la torpeur gagne. Voilà quelques jours que nous traînons en vain, en quête de flamenco. Car le chant n'est accessible qu'à celui qui peut s'introduire dans l'intimité du monde gitan. C'est au sein de l'ancien quartier gitan de Séville, le quartier populaire de Triana, qui borde le Guadalquivir, que nous allons avoir la sensation de l'approcher à nouveau, le temps d'un après-midi.

"La guitare fait
pleurer les rêves.
Un sanglot
d'âmes perdues
sort de sa bouche
ronde..."

Parmi les chants les plus proches des racines du flamenco, le martinete est né dans les forges gitanes. Salvador Vega en est un des derniers dépositaires. Dans sa forge du quartier de Triana, la dernière aujourd'hui en activité, il reçoit souvent des chanteurs qui lui demandent d'interpréter quelques morceaux oubliés, puisque le flamenco se transmet de bouche à oreille, sans jamais de partitions: "J'ai appris le travail de la forge en même temps que le chant du martinete, avec mon grand-père et mon oncle. A l'époque, ils travaillaient pour le maréchal-ferrant. Le martinete s'interprétait à trois hommes: un qui chantait en activant le feu, et les deux autres qui donnaient le rythme en frappant de leurs lourds marteaux sur le métal."

"Va-t-en lune, lune, lune,
si les gitans revenaient,
ils feraient de ton coeur
des colliers, des bagues blanches..."

Salvador a fini sa journée. Il nous propose d'aller boire quelques verres dans un bar voisin, le rendez-vous des "aficionados" (initiés) de flamenco et des gitans. Au mur, des tenues de toreros et des représentations de la Vierge. Les verres sont posés sur un tonneau. Le soleil de midi commence tout juste à baisser. Puis les heures vont défiler sans raison, embrumées de fumée de tabac. La bière coule à flots. Un homme se met à chanter, sans accompagnement, seulement quelques "palmas" de ses compagnons qui dansent. Jusqu'à ce que la nuit tombe, bien après que le patron a baissé le rideau, il va chanter, crier, râper sa voix. On murmure que cet homme sort de prison. Il y a passé deux années. Deux années qui remontent dans sa gorge et se consument dans son cri.

Le mariage d'une terre avec le feu
Crier ses états d'âme, c'est aussi faire don de soi. Quand la voix du chanteur se trouve mêlée aux furieux claquements de talon de la danseuse ou du danseur, alors le flamenco célèbre ses noces avec la terre, comme en un rite mystérieux et ancestral.

Le plancher grince et tousse sa poussière lorsque la chanteuse Concha Vargas livre à ses élèves les secrets du "zapateo", la technique de frappe rythmique du sol avec la pointe et le talon des chaussures. Elle empoigne sa jupe des deux mains, la soulevant au-dessus du genou et entame un pas chaloupé comme si elle voulait enfoncer le sol. La beauté réside dans la crudité du geste, loin des canons éthérés de la danse contemporaine. Les lourds cheveux sombres et le regard noir de Concha, sa force et sa violence la distinguent immanquablement d'une sylphide. Devant la perplexité des apprenties danseuses, elle leur lance un mot rassurant: "Cela doit sortir, vous allez le sentir. Moi-même, j'ai travaillé des jours et des nuits pour réussir ce pas!"

"Oh la peine des gitans!
Peine intacte et toujours seule.
Peine des courants obscurs
et du matin qui s'éloigne!..."

Concha Vargas a grandi dans l'intimité des plus grands chanteurs de flamenco. Son baptême du feu, ce fut une danse qu'elle exécuta à l'âge de 12 ans lors d'un festival, devant son père et ses amis: Antonio Mareina, Terremoto ou Chocolate, des noms aujourd'hui légendaires. De son côté, la danseuse Manuela Carrasco a choisi de baptiser son dernier ballet "La racine du cri". Ce cri, qu'il soit chanté, dansé ou arraché aux cordes d'une guitare, c'est l'héritage brûlant du flamenco. Le danseur Mario Maya portait lui aussi cet héritage dans les années soixante. Il avait alors à peine 10 ans et il dansait pour les touristes, en échange de quelques cigarettes, devant les grottes du quartier gitan de Sacromonte, à Grenade. Une peintre anglaise qui séjournait régulièrement près de l'Alhambra fit son portrait et, persuadée du talent du garçon, vendit la toile en Grande-Bretagne puis lui envoya l'argent qui lui permit de s'inscrire dans une académie de Madrid. Trente ans plus tard, le portrait du jeune gitan de Grenade doit toujours être accroché quelque part, dans un salon anglais, symbole d'un flamenco qui fait vibrer les coeurs et la terre. Mario Maya, lui, danse toujours.

Le dernier concert du guitariste gitan Pedro Bacan est un hommage à cette terre andalouse puisqu'il est baptisé "Marisma. del Pentagrame a la fuente". La Marisma, c'est le nom donné aux marais qui couvrent le delta du fleuve Guadalquivir: "C'est la terre où j'ai vu le jour, à laquelle j'appartiens. Dans la Marisma, le ciel est immense, absolument immense. On s'y jetterait pour voler."

Déchiré, lourd de sentiments poignants, un long cri s'élève de la terre chaude.

Texte d'Isabelle Fougère

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12 août 2007

Poèmes Gitans

Gens du voyage.

Vicente MONTO RAMIREZ

1.
Parcourant les chemins
Ils vont de ville en ville
Dans l'âme baladin
Ils cherchennt un coin tranquille

2.
Dans un camp près du feu
Le soir à la veillée
Ils frappent dans les mains
Et la fête est lancée.
3.
Le son au bout des doigts
Ils caressent les cordes
La guitare s'en va,
La musique l'emporte.

4.
Vêtues de longues robes
De volants et couleurs
Apparaissent les femmes
Dans toute leur splendeur.
5.
Et la voix qui s'enflamme

Comme un cri déchirant
Qui me traverse l'âme
Quand chantent les Gitans.
6.
Souvent dans leurs bagages

L'Espagne n'est pas loin
Ils connaissent la langue,
Les chansons les refrains.

7.
Puis quand vient le jour
De la fête sacrée,
Ils se rassemblent tous
Près de la Méditerranée
8.
Les Saintes Maries deviennent

Leur Mère, leur Patrie,
Ils dansent, font la fête
Le jour comme la nuit.
9.
La ferveur est immense

Dans le coeur des Gitans
Et prient, pleurent et chantent
A la Vierge qu'ils aiment Tant.


VOYAGEUR FILS DU VENT

Voyageur fils du vent
Ne te retourne pas
Voyageur fils du vent
Va devant, va devant

Dans ta vie la misère
Dans tes yeux la lumière
Tu marches et vas chantant
Fier de tous tes enfants.

Le cheval, la roulotte
Tout le linge qui sèche
Et les enfants qui crient
Voilà ton paysage.

Tu connais tous les arbres
Et le nom des oiseaux
La nature pour toi
Ne cache aucun secret.

Dans le vent, dans le froid
Sous la pluie, la poussière
Tu t'en vas au pays
Pour chiner tes paniers.

Si tu reviens content
C'est que tu as la chance
Et tu pries le "devel "
Parce qu'il est avec toi.

Toi "gadjo" du village
Va voir celui qui passe.
N'aies pas peur, tu verras
Il ressemble à ton frère.

Tikno.Niglo

Regarde dans mes yeux

Regarde bien
Regarde dans mes yeux
Ne vois-tu pas
Ne vois-tu pas
Les pays traversés ?

Au loin, là-bas à l'est
Près des hautes montagnes
Ils ont pris leurs chevaux
Leur toiles et leurs marmites
Les femmes et les enfants
S'en allaient par devant.

Ils s'arrêtaient souvent
Pour rire et pour danser
Mais aussi pour s'aimer.
Ils gagnaient les " lové "
Pour un morceau de pain
Qu'ils mangeaient en chemin

Mal reçus ou chassés
Ils allaient et venaient
Cherchant des lieux tranquilles
S'arrêtant s'ils pouvaient
L'espace d'un printemps
Pour voir naître un enfant.

Pour les " Gens du voyage "
Les pays se ressemblent
Qu'ils soient dans les montagnes
Les plaines ou les vallées
Il faut toujours, toujours
S'en aller bien plus loin.

Tikno.Niglo

ACCEPTE QUE JE RESTE

1.

Gadgo je viens de loin,
Prête-moi quelques arbres
Un bout d'chemin et l'eau
Accepte que je reste.
Au moins passer l'hiver.

2.

De maison, j'en veux pas
Juste un p'tit bout de ciel
Sur ma tête et les miens.
C'est promis, dans trois mois
J'irai un peu plus loin.

3.

D'ici là si Dieu veut
J'aurai fait des paniers
Et gagné des "lové".
Les enfants sauront lire
Peut-être pour de vrai

4.

Tu comprendras gadgo
La vie que j'ai choisie.
Mes quatre beaux enfants
Et ma femme chérie
Te diront mon histoire.
 

5.

Un jour je t'apprendrai
A chasser le "niglo".
Et mon violon le soir
Te fera voyager.
Accepte que je reste
Au moins passer l'hiver

Tikno.Niglo

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texte de Francis Cabrel

"Quand t'es parti gitan
Tu as laissé seulement
Une voiture en morceaux
T'as pris tes chaises de bambou
Ta guitare de rien du tout
T'as mis le vent sous ta peau
T'as caressé les oiseaux, t'as caressé les oiseaux
T'as mis des pierres sur le feu
Les femmes aux longs cheveux
Ont tout lavé dans des seaux
Séché la linge sur les buissons
Rentré les gosses dans les camions
Sur les paniers de roseaux
Et caressé les oiseaux, caressé les oiseaux
Où allais-tu ?
À part les flaques de boue
Et quelques traces de roues
Tu n'as rien voulu laisser
T'as mis ta fierté gitane
Aux rideaux des caravanes
Comme des drapeaux pliés
T'as caressé les oiseaux, t'as caressé les oiseaux
Où allais-tu ?
J'ai peur des lumières des villes
Des grandes maisons immobiles
Des jardins bâtis tout autour
J'ai peur qu'on emmène d'office
Au bout du fusil des milices
Les enfants de notre amour
Ils traitent nos filles de voleuses
Du fond de leurs maisons peureuses
Pleines de chiens de combat
Ils attachent leurs volailles
Ils surveillent leurs ferrailles
On ne se ressemble pas...
Y a des panneaux depuis
Emplacement interdit
Comme s'il y avait eu la peste
T'as plus qu'à chercher ailleurs
Des gens qui auront moins peur
En espérant qu'il en reste
Et caresser les oiseaux ! Et caresser les oiseaux !"

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Enfant du voyage, de village en village
Apprends la route qui jamais ne doute.

Apprends l'Amour à chaque détour
Quand la tolérance se balance.

Apprends le pardon après le frisson
D'une injustice qui se glisse.

Enfant du voyage, tendre petit page
Apprends le chemin qui mène à demain.

bu soleil levant au soleil couchant
Laisse chanter ton cœur quand il est bonheur.

Laisse pleurer ton âme si l'autre s'enflamme
De clair de lune en lever de brune.

Enfant du voyage, sur la place d'un village
Quand l'heure est au bourdon, chante-leur ta
chanson.

VIVRE EN LIBERTE ENFANT DU VOYA6E
VIVRE EN LIBERTE ENFANT DU PARTAGE

Esméralda Romanez

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DJANGO

Django
qui serais -tu
si tu n'etais pas Django
Django
l'étoile gitane
est venue te chercher
suivie d'un ange
portant ta guitare
pour jouer nuage
auprès de Sarah
Django Django
il pleut des notes de
sang sur la terre
et des milliers de
roseaux répètent
ton nom, Django.

de Sandra Jayat 

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LAISSE GRANDIR L'OISEAU

laisse grandir l'oiseau
je briserai la cage
de l'enfant tragédien
je prendrai la liberté
sous le bras
je pousserai le vent
loin des campements
mon parcours sera long
difficile solitaire invisible
bavard ou silencieux
mais je serai libre

de Sandra Jayat

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LA PRIERE DU GITAN

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Je suis bohémien, un pauvre voyageur.
Ma caravane est mon monastère,
je fais de mon cœur le lieu de ma prière.

Je ne possède pas d'habits élégants:
Dieu dit que le corps est plus beau
que le vêtement.
Je ne me soucie pas de la nourriture de demain:
le Notre Père demande le pain quotidien.
J'amasse pour mon âme une tirelire d'amour;
elle est à Dieu, elle sera ouverte un jour.
Mon
cœur ne convoite pas de grands biens;
son gros appétit est d'aimer bien son prochain.
Ma roulotte est petite,
bien plus qu'une maisonnette:
mais Toi, Seigneur,
Tu n'avais pas où reposer ta tête.
Les policiers viennent souvent me contrôler.
Je leur souris, Seigneur:
ces hommes font leur métier.
Je rempaille des chaises
et je vends des paniers.
Des gens moqueurs m'insultent avec grossièreté:
je veux T'aimer, Seigneur,
jusqu'à leur pardonn
er.
Dans le calme, la nuit tombe peu à peu.
Pour Te prier, Seigneur,
j'allume un petit feu.
Pieusement j'ouvre tes  Évangiles.
Je goûte à ta paix comme une brebis docile.
Sois béni, Dieu d'Amour:
Je sais que tu m'aimes,
et que Tu m'aimeras toujours.

Michaïl
(publié dans la revue Vermeil juillet 1988)

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NOTRE DAME DES GITANS

Veille sur nous, Sainte Marie,
O notre Dame des Gitans (bis)

1. Toi que Jésus choisit pour Mère,
tu l'as suivi jusqu'au Calvaire
Reste avec nous dans la vie, Sainte Marie.

2. Vois notre peine, notre misère,
que nous traînons sur cette terre
Reste avec nous dans la vie, Sainte Marie.

3. Avec Jésus la délivrance,
dans notre coeur vit l'Espérance
Reste avec nous dans la vie, Sainte Marie

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10 août 2007

Le Jazz manouche

Son plus grand représentant et véritable inventeur fut Django Reinhardt. La relève a tout d'abord été prise par ceux qui côtoyaient Django, c’est-à-dire entre autre la famille Ferre dont les représentants actuels sont Boulou Ferre et Elios Ferre. La musique manouche existait bien entendu avant Django; en effet Django a apporté le côté jazz à la musique manouche. La musique manouche existait avant Django, mais pas le jazz manouche. D'ailleurs les musiciens lui vouent un véritable culte, et cela se concrétise par un festival qui a lieu tous les ans à Samois-sur-Seine où l'on va même jouer sur la tombe de Django pour lui rendre hommage.

Le jazz manouche est revenu devant le grand public un peu avant le 50e anniversaire de la mort de Django (2003, Django est mort le 16 mai 1953) et on peut citer un certains nombre d'artistes qui se situent plus ou moins dans l'esprit du jazz manouche : Stochelo Rosenberg, Biréli Lagrène, Romane, Rafael Fays, Jimmy Rosenberg, Tchavolo Schmitt, Angelo Debarre, Boulou et Elios Ferre, Serge Krief, Dorado Schmitt, Christophe Lartilleux, Hervé Legeay, Christian Escoudé, sans oublier Moreno, Tchocolo et bien d'autres. D'autres sont apparus plus tard tels que Sanseverino qui s'inspire du jazz manouche ou plutôt de la musique manouche (vu la trame harmonique de ses morceaux) ainsi que David Reinhardt (fils de Babik Reinhardt).

La rythmique est de plusieurs types :

La rythmique est souvent accompagnée de roulades et autres figures de styles pour varier le rythme. De même la tenue du médiator n'est pas du tout la même que pour d'autres styles de musique. En effet, elle se fait le poignet « cassé », pour pouvoir appliquer la technique dite « marteau » (accentuer l'intensité des notes), pour gagner en vitesse mais aussi afin de minimiser les contacts entre la main et la table de la guitare, de manière à ce que celle-ci puisse vibrer avec le minimum d'interférences extérieures.

En ce qui concerne la théorie musicale du jazz manouche, absolument tout est utilisé et rien n'est proscrit, mais il existe quand même certaines caractéristiques propres au style (gammes chromatiques, arpèges diminués, etc.) Quant aux morceaux joués en jazz manouche, ce sont souvent des reprises soit de Django soit de musique traditionnelle manouche, soit d'autres compositeurs de jazz et autres (même du Bach !). Les morceaux les plus connus sont : Les Yeux Noirs (« Hymne Gitan »), Minor Swing, All of me, Djangology, Anouman, Bossa Dorado, Nuages, Hungaria, I'll see you in my dream, Limehouse, Manoir de mes rêves, etc.

Le jazz manouche se caractérise par l'emploi de la guitare sèche ou acoustique, du violon et de la contrebasse comme instruments principaux. On retrouve aussi fréquemment le washboard, le bandonéon.

En ce qui concerne la guitare, il faut préciser que ce sont généralement des guitares de type Selmer-Maccaferri. Ce sont des guitares qui sont en réalité les guitares françaises du début et du milieu du XXe siècle à cordes acier le plus souvent le model Argentine de marque Savarez. Un des grands luthiers de ce type de guitares fut Jacques Favino. Actuellement parmi les grands luthiers, on peut citer Maurice Dupont, qui fabrique des répliques de Selmer Maccaferri.

Il existe deux types de Selmer-Maccaferri :

  • type Selmer-Maccaferri: caractérisée par une rosace en forme de « D » communément appelée 'Grande bouche'. C'est ce modéle qu'a utilisé Django pendant un certain nombre d'années, jusqu'à ce que la fabrication soit abandonnée et remplacée par le modèle Selmer. Actuellement elle est surtout utilisée pour la rythmique elle projette un son omnidirectionnel.
  • type Selmer : c'est la guitare qui à la forme la plus connue (cela grâce à Django). Elle se caractérise par une rosace en forme de « o »(plutôt un ovale)communément appelée 'Petite bouche'. Plus utilisée pour les solos, la forme permet plus de puissance et un son qui sort de manière droite.

Les musiciens cherchent généralement à jouer de manière extrêmement rapide sur de longues périodes (la « pompe », inspirant une chanson de Sanseverino, Michto la pompe), sous l'influence de Django Reinhardt.

Artistes jouant du jazz manouche

La Chope des Puces

La chope des puces

"La Chope des Puces", 122, rue des Rosiers à Saint-Ouen (93),
   se situe près de la porte de Clignancourt.
   A l'intérieur vous découvrirez une bonne restauration pour ceux qui désirent déjeuner et surtout vos
   oreilles seront charmées par la musique de Django, les standards de Jazz, les Bossa, etc...
   divinement interprétés par le célèbre duo "Les Manouches" composé de Mondine et Ninine.
   Quelques guest stars font, à la surprise générale, une apparition pour exprimer leur musique...
   Vous verrez, cet endroit est inoubliable !

http://djangoreinhardt.free.fr/chope.htm

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08 août 2007

Pélérinage

Quelques mots sur les origines et la culture de ces gens du voyage, appelés Gitans, Manouches, Roms ...

Huit ou dix mille gens du voyage s’installent dans le bourg camarguais. Observons que leurs caravanes ne sont pas disposées au hasard. Cette cité éphémère a ses avenues, ses venelles mais aussi 'ses quartiers' dont tous les occupants ont comme un air de famille. C'est que le peuple Gitan n'est pas 'Un' mais divers. Essayons de nous y reconna
ître.

Les Gitans

Si le nom de 'Gitan' est donné chez nous à l'ensemble des populations d'origine tsigane, il n'appartient légitimement qu'à un seul groupe, de loin le plus nombreux et le plus implanté aux Saintes Maries de la mer. L'Espagne fut longtemps leur pays de prédilection : leurs noms de famille en gardent la trace, comme leur dialecte : 'le kâlo', malheureusement en voie de disparition ... Les femmes sont brunes, les hommes ont le teint bazané. Ils se disent soit, 'Catalans', soit 'Andalous', suivant le lieu de leur principal établissement. On les trouve par dizaines de milliers dans le Midi de la France, où certains sont sédentarisés depuis plusieurs années, voire depuis plusieurs générations. Mais il y a aussi des bidonvilles Gitans, dont la population a décuplé avec l'arrivée de nombreux gitans établis en Afrique du Nord.

Ce sont les Gitans qui ont donné à l'Espagne le meilleur de l'Art Flamenco, mais aussi des danseurs célèbres (Luisiuo, Imperio Argentina, Carmen Amaya, Lola Florès et la Chunga), ainsi que des générations de grands toreros. Et à la France un guitariste inspiré : Manitas de Plata.

Les Roms

Ce sont les plus aisément reconnaissables, car leurs femmes continuent à porter les traditionnelles jupes multicolores qui leur tombent jusqu'aux pieds et quand elles sont mariées, un foulard noué sur la tête. Les plus riches arborent des colliers de pièces d'or, qui constituent le trésor de la tribu. Beaucoup disent la 'bonne aventure', tandis que les hommes sont rétameurs, chaudronniers ou doreurs. Ces professions les incitent à résider dans les banlieues industrielles, notamment à Paris, Lyon et Lille.

C'est le groupe qui a le plus jalousement préservé son originalité : sa langue (proche du sanskrit), ses traditions, ses légendes. Après avoir traversé l'Europe Centrale, les Rom se sont aujourd'hui répandus dans le monde entier, du Canada à l'Australie et à l'Afrique du Sud.

Les Manouches

Les Manouches (et leurs cousins les Sinti), ne se distinguent guère que par la moustache -ou bien encore la petite barbiche caractéristique- qu'arborent la plupart des hommes. Les plus pauvres sont vanniers, et ont conservé les roulottes à chevaux ; les autres sont marchands forains ou récupérateurs de ferraille. Les Manouches ont longtemps séjourné en Allemagne et portent des noms germaniques (ex : Django Rheinhardt) ; les Sinfi conservent la marque de leur passage dans le Piémont (ex : la famille Bouglione). Tous ont une véritable passion pour la musique, et c'est parmi eux que se recrutent les virtuoses des célèbres orchestres 'tsiganes'.

Les Gitans et le christianisme
‘ Les Gitans, éternels pélerins sur les routes du monde ‘

C'est en ces termes que le Pape Paul VI accueillit en 1965, les Gitans venus de toute l'Europe et au milieu desquels il voulut célébrer son 68 ième Anniversaire. Nul vocable ne saurait mieux leur convenir. Déjà quand, à l'aube du XV~ème siècle, leurs ancêtres arrivèrent en France, ils se présentèrent comme des pénitents, condamnés à errer de par le monde en expiation de leurs péchers. Et, ils montraient, à l'appui de leur dire, des lettres du Pape Martin V. Pendant tout le Moyen-Age, ils demeurèrent fidèles au célèbre Pèlerinage de Saint Jacques de Compostelle.

De nos jours, plus que jamais, le Pèlerinage si bien adapté à leur nomadisme foncier reste l'acte religieux essentiel des Gitans. Le mauvais accueil qui leur est parfois réservé dans d'autres églises, où ils se sentent étrangers, les incite d'avantage encore à se retrouver entre voyageurs pour prier à leur manière et accomplir quelque voeu. Est-il dans la détresse, a-t-il un des siens malades, le Gitan fait un voeu à un Saint. Si c'est le Pèlerinage des Saintes Maries de la mer, il s'engage à l'accomplir dans de pénibles conditions de pénitence. Et ce voeu est tenu, le péril passé, coûte que coûte.

Qui n'a pas assisté, dans la semaine qui précède les Fêtes aux veillées gitanes dans la vieille église forteresse embrasée de cierges, ne saura jamais rien de la vraie ferveur gitane. La foule arrive, certains soirs, précédée des violons et des guitares. On allume au grand cierge Pascal, une multitude de petits cierges, que chacun fient haut dans sa main. On prie très fort, on clame des invocations, on présente les enfants à bout de bras devant les statues...

Durant le Pèlerinage de Mai

, on enseigne le catéchisme dans les caravanes et bien des conversions intérieures se font dans le secret des coeurs. De nombreux Gitans profitent aussi de ce rassemblement familial pour faire baptiser leurs enfants, dans l'église des Saintes Maries de la mer. Si le temps n'est plus où les Gitans, venus par le train ou parfois à pied, passaient la nuit dans la crypte de Sarah, c'est toujours pour 'Leur Patronne' qu'ils viennent dans l'antique sanctuaire camarguais. Certes Marie -Jacobé et Marie Salomé tiennent aussi une place dans leurs coeurs. Ils les acclament lors de la descente des Châsses, et ne manquent pas de hisser jusqu'à leurs statues les enfants qui posent sur elles leurs mains et leurs lèvres. Mais c'est Sarah qui est 'Leur Sainte à eux'.

Chacun ajoute un cierge à la blanche forêt ardente qui répand dans la crypte une chaleur d'étuve. On glisse dans la boite réservée aux intentions, des linges d'enfants, d' humbles bijoux, de naïfs messages. Et puis on habille Sarah de neuf. Quarante, cinquante robes s'amoncellent sur la frêle statue qui grossit de jour en jour, et dont le fin visage pâlit sous les attouchements implorants et fervents.




Le matin du 24, une messe célèbre l'ouverture du pèlerinage.
Depuis quelques jours déjà les gitans sont arrivés. Les caravanes modernes ont petit à petit remplacé roulottes et verdines tirées par des chevaux mais ont peut encore admirer quelques belles anciennes roulottes, soigneusement entretenues, parfois tirées par un tracteur qui rappelle la lenteur des voyages d'antan.

Pour les gitans, le pèlerinage sera une grande fête de trois jours, marquée par la foi, les retrouvailles familiales et le commerce, rythmée par les prières, les chants, les dances et, bien sûr, le son des gitares.

L'après midi a lieu la cérémonie dite de "descente des châsses".
De la chapelle Saint Michel ou "chapelle haute", les châsses enfermant les reliques des Saintes sont descendues à l'aide du treuil accompagnées de chants et acclamations jusqu'à leur immobilisation. Dans l'église, l'émotion est intense, il n'est pas rare de voir des yeux briller de larmes.
Vient ensuite le moment trés attendu : Sara, portée par quatre gitans, est emmenée jusqu'à la mer. La frêle statue recouverte de nombreux manteaux de tissus brillants, dorés, brodés, dont seul émerge le doux visage sombre, sort lentement de l'église escortée par les gardians et les belles Arlésiennes.
Les mains se tendent pous toucher les manteaux, on envoie des baisers, on soulève les enfants pour les mettre sous la protection de "Sara la Kâli".
Les gitans chantent, prient et acclament leur Sainte Patrone aux cris de "Vive Sainte Sara". La foule nombreuse se mêle aux gitans et aux gens du pays.
Sara est ainsi escortée jusqu'à la mer, ses porteurs entrent dans l'eau à mi-corps.
Puis lentement, toujours sous les exclamations et les chants, Sara est ramenée à sa crypte.
L'église est pleine, et trés souvent, l'émotion due à l'intensité des prières gagne les touristes qui, un instant, délaissent leurs appareils phtographiques et lèvent les bras pour demander avec les gitans la protection de Sainte Sara.
Et sans cesse, la même exclamation : " Vive Sainte Sara".

Le soir, après le repas, la veillée des prières et la messe réunissent à nouveau les pèlerins dans l'église. Les tsiganes y viennent en famille, les plus jeunes enfants s'endorment dans les bras des parents, on se lèvent pour laisser la place aux anciens, et dans un joyeux mouvement de va et vient on entre et on sort de l'église sans que la ferveur des prières soit perturbée.

Le lendemain, 25 mai, la messe solennelle des Saintes Maries Jacobé et Salomé est suivie de leur procession.
Dans leur barques, les saintes sont à leur tour emmenées à la mer pour symboliser leur arrivée sur la terre de Camargue.
Escortées par les gardians et les Arlésiennes, les Saintes quittent l'église dans leur frêle esqif porté par quatre hommes, entourées et suivies des pèlerins. Les gitans, moins nombreux que lors de la procession de Sara, sont encore très présent.
Les acclamations, les chants et les prières jalonnent la route. Aux cris maintes fois répétés de "Vive les Saintes Maries", la barque s'avance dans la mer. Puis les Saintes Maries Jacobé et Salomé regagnent l'église, la foule est dense et l'intensité des prières est toujours aussi émouvante.
Le soir venu, pour la seconde fois, la veillé de prières dans l'église sera le rendez-vous. Sur le parvis et dans les rue, on chante et on danse par petits groupes.

La troisième jour est consacré à la mémoire du Marquis de Baroncelli. C'est "abrivado" où le taureau conduit par des gardians à cheval est détourné de son chemin par la foule et "bandido", sur le chemin retour, où la même scène se produit au grand amusemenr de tous et toutes.
Une cérémonie a lieu au tombeau de Folco de Baroncelli. Ce jour là, jeux, folklore et traditions chères au Marquis se mêlent jusqu'au soir. Aux arénes de la ville, les jeux de gardians, de taureaux et le danses se succèdent.

En octobre, le second pèlerinage se déroule le week-end le plus proche du 22 octobre. Cérémonies de descente des châsses et veillées de prières se déroule comme au mois de mai. Seules Maries Jacobé et Salomé sont conduites à la mer.
A Noël, gardians, Arlésinnes, bergers et pêcheurs, au son des fifres et des tambourins, portent les offrandes à l'église où l'on célèbre la messe de minuit selon la tradition provençale.

sainte_sara

Posté par Gelso à 03:01 - Pelerinage - Commentaires [0]