L'épopée Tzigane

24 octobre 2011

POUR VOUS MES AMIS VOYAGEURS

 

 

 

Je dédie ce blog à Lydie, à Renée

 

et à toute sa famille.

 

Vous mes amis Gitans ;

la vie m'a mise sur votre route,

elle m'a donné

le bonheur de vous connaitre

et de vous aimer.

 

 

 

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ECOUTE MOI GADJO

 

 

 

Ecoute moi, écoute moi gadjo,

 

je suis t'en souviens tu, le bohémien , qu'un jour tu as chassé,

 

devant les tiens, devant les tiens en criant au voleur, au voleur il va nous porter malheur!

 

Et tu savais que j'étais innocent, mais ça fait bien de chasser les gitans .

 

 

Je veux chanter, chanter, pour vous faire entendre, qu'il ne faut pas juger gadjé, le peuple des gitans à travers vos légendes.

 

Ecoute moi , écoute moi gadjo .                                                                                  

 

Crois tu que nous soyons si différents,

 

n'avons nous pas gadjo, le même sang, le même sang, versé par nos pères,

 

qui sont morts cote à cote à la guerre .

 

N'avons nous pas gadjo le même coeur, les mêmes larmes en face du malheur.

 

 

Je veux chanter ,chanter pour vous faire entendre, qu'il ne faut plus juger gadjé ,le peuple des gitans à travers vos légendes ,à travers vos légendes .

 

 

 

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14 octobre 2011

A TOI RENEE, MON AMIE, MA SOEUR ADOPTIVE

 

 

 

Souvent tu m'as demandé d'écrire un billet ou un petit journal sur lequel,

je parlerai de notre rencontre, de ma vie avec toi, tes enfants et toute ta famille.

Si j'avais été écrivain, j'aurai pu faire un livre, mais hélas,

je crains de ne pas être assez douée.......

Le temps a passé, et je n'ai toujours rien écrit,

peut être parce que je ne savais pas par quel bout commencer, il y a tant à dire!

Aujourd'hui, nous sommes un peu éloignés les uns des autres;

par les kilomètres qui nous séparent, toutefois nous sommes toujours

aussi proches dans notre coeur.

 

Ce blog, je le fais pour toi Renée, et aussi pour toute ta famille.

Je le fais aussi pour mon amie Lydie que j'ai connu en Belgique et qui est

comme vous une gitane sédentaire, que j'aime aussi beaucoup.

 

Excusez moi, vous mes amis gens du voyage, si vous percevez

quelques lacunes dans mes textes ou certaines erreurs.

 

Sur un prochain billet, je parlerai de ma rencontre avec toi Renée

et avec ta famille que tu m'as présentée et qui m'a ouverte les bras et leur coeur.

 

 

Bonne route....... latcho drom

 

Christine-Gelso

 

 

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13 octobre 2011

Te souviens tu Renée?

Te souviens de notre première rencontre?

Oui j'en suis sure tout comme pour moi, ce jour restera gravé dans ma mémoire.

 

Toi et moi, parmi d'autres réunis ce soir là

chez Thérèse et Nelly, à St Ouen.

Nous avions des amies communes, mais ne nous connaissions pas.

Très vite nous avons toutes les deux entamé la conversation, et nous sommes de suite senties en totale harmonie...Ce fût le début d'une très longue amitié... avec toi pour commencer et avec toute ta famille par la suite.

 

Ta famille, tes enfants, tes petits enfants, au début ils m'ont acceptée avec beaucoup de gentillesse parce que j'étais ton amie, et au fil des jours, nous nous sommes connus, appréciés et aimés et vous m'avez adoptée à ma plus grande joie.

 

Très vite je me suis trouvée à l'aise avec vous et très proche.

Laquelle de nous deux a commencé à appeler l'autre sa soeur adoptive, toi? moi? je ne sais plus mais peut être l'avons nous dit en même temps!

Je vous aime mes amis, vous me manquez. Votre présence, votre chaleur, votre joie de vivre malgré tout les soucis...

Bien sur, nous continuons de communiquer, mais ce n'est plus comme avant, je suis un peu loin pour venir si souvent...Nos rencontres, nos fêtes, les joies et les peines que nous partagions ensemble, tout cela me manque. Votre coeur est grand, votre amitié fidèle, je suis fière d'être de votre famille de coeur.

Merci à vous mes frères et soeurs.

 

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23 février 2010

Culture Rom

 

 

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Musique

En plus de leur musique rrom traditionnelle, qui est très présente dans la musique populaire de l'Europe de l'Est, comme avec les Zards de Hongrie, Russie et Roumanie, ils ont influencé bon nombre d'hymnes de musique classique comme ceux présentés par Franz Liszt et Johannes Brahms, deux compositeurs qui ont mis au jour la musique rom.

Depuis le tempo rapide ou tragique des violons gitans, des petites mandolines, des tambours, des cuillers de bois utilisées comme castagnettes, et des harmonieux tympanons sont nés des Zards de l'Europe de l'Est comme base ancestrales du bolero, du tango, du jazz classique et de la musique country cow-boy américaine du sud-ouest des Etats-Unis. Tous ces rythmes sont aussi frères du flamenco joué à la guitare et du Cante Jondo de sud de l'Espagne.

Les Roms qui vinrent aux Amériques ont eu une influence sur de nombreux rythmes structuraux, soit chantés ou joués au tambour, ou joués à la trompette, comme ceux que l'on trouve dans la salsa, la rumba, le mambo et la guajira de Cuba et de Puerto Rico.

En Amérique du Sud, ils influencèrent la musique du Pérou jouée à la guitare créole, dans les danses comme le tondero, le limeñan zamacueca et la marinera. D'autres rythmes influencés par les Rroms de l'Amérique du sud sont encore le tango argentin, la chacarera et la milonga; et la musique Llanero du Venezuela comme le joropo. Certains prétendent que la musique country des Etats-Unis est d'inspiration rrom et le Mexique est fameux pour sa musique Charro comme le mariachi.

Les Rroms ont encore influencé la création de la vraie musique du mouvement Hippie-Gypsy, qui est à la base du rock classique d'Elvis Presley (d'ascendance rrom) jusqu'au Heavy Metal et au génial rock progressiste comme celui de Uriah Heep, Led Zeppelin, et Deep Purple parmi d'autres.

Il est important de signaler que le jazz manouche de style européen est encore largement pratiqué parmi ses créateurs rroms, dont un fameux représentant fut Django Reinhardt.

Les groupes qui représentent le passage des Rroms dans les Amériques sont des marginaux, renommés par leur esprit rebelle et leur talent de musique bohémienne, les garçons-vachers et les hippies des Etats-Unis du sud, les "charros" de Mexico, "guajiro" en Amérique Centrale (spécialement Cuba et Puerto Rico), "llanero" de la frontière du Venezuela et de la Colombie, "morochuco" (morochucan) dans les Andes péruviennes ou "Piajeno" sur la côte nord du Pérou et au Chili, les "huaso".

Cinématographie

Littérature

La littérature tsigane est souvent le fait de non-tsiganes, la plupart des Tsiganes ne sachant ni lire ni écrire, mais il existe cependant quelques auteurs tsiganes, par exemple :

Spectacle

Les Tsiganes sont connus pour être d'excellents musiciens et danseurs. En Espagne, ils ont influencé le flamenco et ils sont devenus les protagonistes de ce genre. Dans la plupart des pays d'Europe centrale et orientale (Roumanie, Bulgarie, Serbie, Macédoine, Hongrie, Tchéquie, Slovaquie...), les musiciens tsiganes ont été très recherchés pour les mariages, funérailles, etc. En Roumanie on les appelle « lăutari », en Tchéquie et Slovaquie « lavutari ». En France, leurs talents d'amuseurs publics et de dresseurs de chevaux ont généré les familles du cirque célèbres comme les Bouglione ou les Zavata.

 

 

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12 janvier 2010

Un peu d'histoire

Trouver le pays d'origine des Roms fut un grand défi, depuis le Moyen Age où ils sont apparus en Europe, pour les habitants des pays où ils venaient, aussi bien que pour les historiens. Il n'est pas possible de donner la date exacte de leur arrivée en Europe, car les différents groupes de Roms se dispersaient en Europe, l'un indépendamment de l'autre, chacun empruntant son propre chemin. On peut s'appuyer seulement sur des documents des archives municipales. Les données montrent leur apparition "officielle", sans pourtant indiquer la date de leur arrivée. Les mentions dans les archives sont généralement liées à un événement concret.

Les savants moyenâgeux se posaient la question de savoir qui étaient les Roms, d'òu ils étaient venus et quel est leur pays d'origine.

Des siècles durant, l'Europe n'a pas su donner de réponse à ces questions.

La mauvaise connaissance des Roms se traduisit aussi par la distance qui existait entre les Roms et les autres habitants, distance qui est propre encore aujourd'hui à la majorité des gens. 

En ce qui concerne l'origine des Roms, on estimait le plus souvent que ceux-ci seraient venus dans les pays chrétiens de l'Egypte. Or, dans nombre de pays, on les appela selon leur souche égyptienne supposée - Gitanos (en espagnol), Gypsies (en anglais), Gitans (en français) - mais ces noms dérivent, probablement, du nom de la région de l'Egypte Mineure au Péloponnèse en Grèce ou de la région de l'Asie Mineure. Dans les Balkans, on les a appelés par un nom qui avait été donné à l'origine à une secte manicheï de prêtres, Athiganoie - Atsiganos, d'où un nouveau groupe de noms - Zingaro (en italien), Tsigane (en français) Zigeuner (en allemand), Ciganie (en langues slaves) et Cikani en tchèque.

La famille joue un grand rôle dans la vie des Roms, car chez eux, tout se passe dans la famille qui satisfait tous leurs besoins. Pendant leur vie nomade, les Roms étaient indépendants de la société environnante et, par contre, entièrement dépendants de leur famille ou de leur groupe. La famille était un moyen de subsistance, elle accomplissait les fonctions éducatrices (sociales), protectrices et beaucoup d'autres.

L'appui mutuel bénéficit à toute la famille. Les célibataires (ils sont une exception, même de nos jours), restent chez leurs parents, les orphelins demeuraient à la charge de toute la famille. Les personnes âgées sont soignées et très respectées par la famille qui ne les a jamais exclues de sa vie. Il est impensable de mettre les vieux parents dans des maisons de retraités, ou de déposer les enfants dans un foyer d'enfants ou dans un internat. Un malade ne demeure jamais seul. les Roms n'attribuaient pas et n'attribuent toujours pas une grande valeur à l'éducation des "gadgé". Cela ne veut pourtant pas dire qu'ils ne veulent pas être sages. La sagesse est, traditionnellement, très appréciée dans la communauté rom, mais celle-ci est acquise et manifestée différemment de l'éducation traditionnelle qui est la nôtre. La sagesse est déléguée par des récits et des expériences des personnes âgées, sous forme d'histoires, de contes de fées, de mythes, de proverbes, d'anecdotes ou de devinettes. La richesse culturelle des Roms, leur sagesse, leurs expériences, normes éthiques et leur philosophie sont sauvegardées dans leurs récits.

 

 

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10 août 2009

Le Jazz manouche

 

 

 

Son plus grand représentant et véritable inventeur fut Django Reinhardt. La relève a tout d'abord été prise par ceux qui côtoyaient Django, c’est-à-dire entre autre la famille Ferre dont les représentants actuels sont Boulou Ferre et Elios Ferre. La musique manouche existait bien entendu avant Django; en effet Django a apporté le côté jazz à la musique manouche. La musique manouche existait avant Django, mais pas le jazz manouche. D'ailleurs les musiciens lui vouent un véritable culte, et cela se concrétise par un festival qui a lieu tous les ans à Samois-sur-Seine où l'on va même jouer sur la tombe de Django pour lui rendre hommage.

Le jazz manouche est revenu devant le grand public un peu avant le 50e anniversaire de la mort de Django (2003, Django est mort le 16 mai 1953) et on peut citer un certains nombre d'artistes qui se situent plus ou moins dans l'esprit du jazz manouche : Stochelo Rosenberg, Biréli Lagrène, Romane, Rafael Fays, Jimmy Rosenberg, Tchavolo Schmitt, Angelo Debarre, Boulou et Elios Ferre, Serge Krief, Dorado Schmitt, Christophe Lartilleux, Hervé Legeay, Christian Escoudé, sans oublier Moreno, Tchocolo et bien d'autres. D'autres sont apparus plus tard tels que Sanseverino qui s'inspire du jazz manouche ou plutôt de la musique manouche (vu la trame harmonique de ses morceaux) ainsi que David Reinhardt (fils de Babik Reinhardt).

La rythmique est de plusieurs types :

La rythmique est souvent accompagnée de roulades et autres figures de styles pour varier le rythme. De même la tenue du médiator n'est pas du tout la même que pour d'autres styles de musique. En effet, elle se fait le poignet « cassé », pour pouvoir appliquer la technique dite « marteau » (accentuer l'intensité des notes), pour gagner en vitesse mais aussi afin de minimiser les contacts entre la main et la table de la guitare, de manière à ce que celle-ci puisse vibrer avec le minimum d'interférences extérieures.

En ce qui concerne la théorie musicale du jazz manouche, absolument tout est utilisé et rien n'est proscrit, mais il existe quand même certaines caractéristiques propres au style (gammes chromatiques, arpèges diminués, etc.) Quant aux morceaux joués en jazz manouche, ce sont souvent des reprises soit de Django soit de musique traditionnelle manouche, soit d'autres compositeurs de jazz et autres (même du Bach !). Les morceaux les plus connus sont : Les Yeux Noirs (« Hymne Gitan »), Minor Swing, All of me, Djangology, Anouman, Bossa Dorado, Nuages, Hungaria, I'll see you in my dream, Limehouse, Manoir de mes rêves, etc.

Le jazz manouche se caractérise par l'emploi de la guitare sèche ou acoustique, du violon et de la contrebasse comme instruments principaux. On retrouve aussi fréquemment le washboard, le bandonéon.

En ce qui concerne la guitare, il faut préciser que ce sont généralement des guitares de type Selmer-Maccaferri. Ce sont des guitares qui sont en réalité les guitares françaises du début et du milieu du XXe siècle à cordes acier le plus souvent le model Argentine de marque Savarez. Un des grands luthiers de ce type de guitares fut Jacques Favino. Actuellement parmi les grands luthiers, on peut citer Maurice Dupont, qui fabrique des répliques de Selmer Maccaferri.

Il existe deux types de Selmer-Maccaferri :

  • type Selmer-Maccaferri: caractérisée par une rosace en forme de « D » communément appelée 'Grande bouche'. C'est ce modéle qu'a utilisé Django pendant un certain nombre d'années, jusqu'à ce que la fabrication soit abandonnée et remplacée par le modèle Selmer. Actuellement elle est surtout utilisée pour la rythmique elle projette un son omnidirectionnel.
  • type Selmer : c'est la guitare qui à la forme la plus connue (cela grâce à Django). Elle se caractérise par une rosace en forme de « o »(plutôt un ovale)communément appelée 'Petite bouche'. Plus utilisée pour les solos, la forme permet plus de puissance et un son qui sort de manière droite.

Les musiciens cherchent généralement à jouer de manière extrêmement rapide sur de longues périodes (la « pompe », inspirant une chanson de Sanseverino, Michto la pompe), sous l'influence de Django Reinhardt.

Artistes jouant du jazz manouche

 

 

 

 

La Chope des Puces
 

 

La chope des puces
 

"La Chope des Puces", 122, rue des Rosiers à Saint-Ouen (93),
   se situe près de la porte de Clignancourt.
   A l'intérieur vous découvrirez une bonne restauration pour ceux qui désirent déjeuner et surtout vos
   oreilles seront charmées par la musique de Django, les standards de Jazz, les Bossa, etc...
   divinement interprétés par le célèbre duo "Les Manouches" composé de Mondine et Ninine.
   Quelques guest stars font, à la surprise générale, une apparition pour exprimer leur musique...
   Vous verrez, cet endroit est inoubliable !

 

http://djangoreinhardt.free.fr/chope.htm

 

 

 

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12 février 2009

Le génocide des Gitans

On estime que le tiers environ de la population tsigane d’Europe a péri dans les camps nazis. Soit près de 500 000 Gitans assassinés. Un génocide quasiment oublié.

En France les tsiganes et voyageurs ont été internés dans des camps qui ont été ouverts en 1939 à une période (début de la guerre) où l'on se méfiait des personnes qui circulaient. Les camps français internant les tsiganes n'ont été fermés qu'en janvier 1946, c'est-à-dire 17 mois après la libération de Paris, 8 mois après la fin de la guerre.
Les tsiganes ont partagé l'histoire, les tragédies : ils ont été victimes avec les autres de toutes les intolérances.

 

La population tsigane a été actrice à part entière de l'Histoire de l'Europe.

Le Troisième Reich a eu sa «Centrale de lutte contre les Tsiganes». Renonçant à toute politique d’assimilation, les nazis édictèrent contre eux une politique raciale. D’abord on recensa et enregistra, sur le territoire allemand, tous les Tsiganes à partir de l’âge de six ans. Puis on les classa selon leur degré d’appartenance raciale, interdisant aux enfants d’aller à l’école, les assignant aux travaux forcés à partir de 12 ans. Suivirent la déportation en Pologne et l’extermination.

Aujourd’hui et un peu partout, les politiques d’assimilation n’ont pas mené à l’intégration ou à l’adaptation des Voyageurs. «Le rejet, sous toutes ses formes, reste un élément dominant des relations entre les Tsiganes et leur environnement immédiat. Les tensions, qui ont toujours été vives, entre les communautés tsiganes et leur entourage, ont rapidement tendance à s’exaspérer en conflits; les boucs émissaires sont vite trouvés, et il en résulte pour eux un dur traitement dans une insécurité permanente», écrit Jean-Pierre Liégeois, dans son livre Roma, Tsiganes, Voyageurs.

 

 

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Poème de Jarko Jovanovic, auteur tzigane,
originaire de l'ex-Yougoslavie, né en 1925.
La plupart des membres de sa famille ont été déportés et sont morts à Auschwitz.
Ce poème est devenu l'hymne des Gitans au Premier Congrès Mondial Romani à
Londres, Angleterre, le 8 avril 1971

 

Levez-vous Roms !
J'ai marché, marché aux longues routes,
J'ai rencontré des tziganes heureux.
J'ai marché, marché au bout du monde,
Et la chance était avec eux.
Ô Rom, toi l'homme, toi l'enfant,
O Rom, d'où êtes-vous venus
Dans vos tentes, sur les chemins de la fortune ?

Où êtes-vous, maintenant ?
Où sont les hommes ? Où, les enfants ?
Comme vous, j'avais une grande famille
Comme vous, les hommes noirs l'ont massacrée.

Venez avec moi, tous les Roms de la terre
Car les routes tsiganes nous sont ouvertes.
Voici l'heure. Debout, Roms !
Nous ferons ce que nous voudrons.
Ô Rom, toi l'homme, toi l'enfant,
Venez avec vos tentes, sur les chemins de la fortune

 

 

holoca1

 

 

 

 

Gitans : Mémoire des victimes d’Auschwitz

 

Le 49ème pèlerinage à Lourdes des Gitans et Gens du Voyage, a été l’occasion de rendre hommage aux victimes d’Auchwitz, dimanche 21 août.

Après la messe internationale à la basilique Saint-Pie X, un dépôt de gerbe « Z » a eu lieu au monument aux morts avec les autorités lourdaises, pour marquer le 60ème anniversaire de la Libération des camps Nazis (Auschwitz-Birkenau...)

Cette année, on a commémoré le soixantième anniversaire de la libération des camps de concentration et d’extermination. Des dizaines de milliers de gitans et de gens du voyage ont connu les horreurs parce qu’ils étaient tziganes : 20 000 d’entre eux sont morts à Auschwitz-Birkenau ! Au cours de leur pèlerinage à Lourdes (du 19 au 25 août), les Gitans et Gens du voyage se sont souvenus de la souffrance de ceux qui les ont précédés, de ceux qui ont été massacrés par les nazis durant la Seconde Guerre mondiale.

A la Grotte de Lourdes, auprès de « la Sainte » (la Vierge Marie), ils ont demandé que cessent les écorchures du racisme qui les blessent encore aujourd’hui. Surtout, en lien avec les Lourdais qui commémoraient dimanche 21 août le soixante-et-unième anniversaire de la libération de leur ville (en 1944), ils ont déposé une gerbe au monument aux morts de la cité mariale. Cette gerbe avait la forme d’un Z pour rappeler la lettre qui était tatouée par les nazis sur les bras des tziganes à leur arrivée dans les camps (tzigane se disant « Zigeuner » en allemand).

En 2004, environ 6 000 à 7 000 personnes ont participé au pèlerinage. On a compté environ 1100 caravanes réparties sur différents terrains : Abadie, Vizens, terrain des Dominicaines, de l’Auxilium, parking du Paradis, Julos, Tydos, terrain à proximité de la cité Saint-Pierre...

 

 

 

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23 octobre 2007

POEMES DE CAROLINA

C'est de tout coeur, que j'adresse un grand merci à Caroline qui a eu la gentillesse de m'offrir la possibilité de déposer ses deux merveilleux poèmes de sa création sur mon espace.

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TU DANSAIS...


Fille de Grenade, on te disait gitane,
Etrange destinée que la tienne,
Ô Maria, enfant d'Orient, ardente flamme.
Tu dansais par les nuits de pleine lune,
Sous la voûte constellée d'étoiles
De nuits chaudes et ensorcelantes...
Tu dansais, femme aux sangs mêlés,
Animée par les plaintes de la guitare,
Séculaire mélodie de l'Amour et de la Mort...
Tu dansais, cheveux aux reins, corps exalté,
A travers les venelles de Grenade,
Ferveur rendue aux voix des Cantaores,
Eternité de la vie, ivresse du rythme...
Tu dansais, cascade de grâce et de lumière,
Déchirante réponse aux sanglots colportés par les vents...
Rêve extasié du Poète de la lune.
Parée de ta robe pourpre, ton regard ambré dans son regard,
Tu dansais, possédée d'une force animale, insoumise,
Transportée par le souffle incandescent des mélopées
Et l'éternité solaire du chant et de la poésie...
Ô Maria, et de cette musique ravie aux dieux,
Dans une soif sauvage de liberté, comme un enlacement de fée,
Tes gestes s'envolaient vers les cieux, telle une prière...
Et tu dansais ces chants de solitude,
Art sacré, essence, vibrations des cordes.
De ton âme, de ton cœur, de ton corps naissait la quête ancestrale,
Errance du Flamenco....
Tu dansais, les poèmes de Federico s'en souviennent encore...
Maria, petite fille trop tôt envolée, éphémère papillon,
Un mal insidieux, ton souffle coupé, ta vie évaporée...
Tu t'es endormie dans la soie des ténèbres,
Avant que l'aube ne pointe,
Le destin a ajouté une étoile à l'infini...
Ô Maria, tu es de tous les pays, ta jeunesse n'a point de tombe...
J'écoute le murmure des vents qui me content ton histoire.
Mon rêve est ton nom, nos songes s'entremêlent,
Et par les fenêtres du temps voyagent entre toi et moi...
Identité, mémoire, je porte en moi tes racines,
Par nos sangs mêlés, Maria, je suis gitane,
Etre sans frontières, je sens ma terre, je la respire,
J'Aime, je vis, et je danse, je danse, je danse.....

CAROLINA ( Hommage à une grand-mère que je n'ai pas connue...)

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"L'AMOUR QUI MEUT LES MONDES CHANTANTS"

flamenco_2

A l'aube cristalline d'un jour nouveau
Sous les fastes de la voie lactée
Bénie par le baiser cuivré de la lune
Telle une épure,
Dans sa robe de neige au parfum
d'oranger

Elle chante..

                                                                      
Sur son visage d'aurore, ses lèvres , pétales de
bougainvillés
Psalmodient le pouls de l'Andalousie ,
Qui naît et meurt dans la beauté du chant....
Coeur d'ambre, cils baissés, le timbre est voilé;
Le souffle se fait complainte jusqu'au firmament,
Hymne sacré, mélopée originelle...
Les corps frémissent,s'élancent,
Des mains et des pieds rythment les douleurs et les joies
Noces de l'ombre et de la lumière,
Vertiges de la mort et de la vie...
L'appel de la guitare, éternité d'amour, attire
Les transes de l'absolu, la quête spirituelle,
Quand souffle l'esprit et l'innocence du monde...
La voix, couleur de flamme, est rhapsodie,
Le chant, poéme, amour et ruisseau de miel blond,
Murmure ou fulgurance de l'orage...
C'est l'heure des étoiles, ruche de silence,
Errance éternelle du coeur et de l'âme...
Dans la douceur féminine de la nuit
Oasis parfumé de la terre andalouse,
Le cri sauvage du soleil s'élève
Aux matins transparents du monde,
Fusionne sangs et origines
A ces chants de solitude, exil ancestral...

A l'aube cristalline d'un jour nouveau,
Telle une épure,
Dans sa robe de neige au parfum
d'oranger,
Elle chante...

    Carolina         

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13 août 2007

Le Flamenco

Le cri gitan

C'est en terre andalouse que le flamenco a pris racine. Son histoire, celle du mariage de la terre et du feu, est intimement liée au vécu de ses premiers interprètes: les gitans.
Voyage aux sources.


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La voix s'est brisée, rauque, comme un sanglot. Il est deux heures du matin dans le sud de l'Espagne. "La Fernanda", comme on l'appelle ici, vient de déchirer la nuit d'une soleá, un chant flamenco. C'est une histoire d'amour désespérée que raconte la chan-teuse gitane, la main levée vers l'assistance. Puis soudain la guitare résonne, et enchaîne, plus rapide. Fusion profonde entre l'orient de la voix et l'occident des cordes.

"Vêtue de ses noirs manteaux,
elle croit que le monde est petit
et que le coeur est immense"

Le flamenco est un oiseau de nuit, un cri longtemps retenu qui s'échappe à l'heure où la fatigue et l'alcool ouvrent la porte aux états d'âme. Nous sommes à Utrera, un bourg andalou de la province de Séville, encerclé d'oliviers. Pendant cinq nuits, la po-pulation sacrifie au rite de la feria et oublie de dormir. Dans ce vacarme assourdissant de "sevillanas", la danse adulée des Anda-lous, le flamenco s'infiltre, discret, tard dans la nuit, là où se réunissent les gitans.

Agée de plus de soixante-dix ans, Fernanda est l'une des plus grandes figures du "cante jondo", le "chant profond".

Ce soir, on lui rend hommage. Elle pousse une dernière soleá, les yeux fermés et la gorge secouée de soubresauts. Des "¡Olé Fernanda!", "¡Toma!" ("Vas-y!") fusent de l'assemblée qui dit ainsi son émotion et accompagne le cante de "palmas", les battements de mains. Et puis plus rien. Le silence. Fernanda salue et reçoit des fleurs. Seuls les grillons qui ont envahi la tente par dizaines donnent encore de la voix. Derrière nous, un connaisseur se lève. "Ya se acabó la feria", murmure-t-il. "Voilà, la feria est finie." Une façon de dire que le flamenco est passé, qu'il est si bien passé qu'il n'y reviendra plus. La tente se vide. Dans les allées qui portent les noms des différents chants flamencos, comme la siguiriya, le plus tragique, ou la bulería, au rythme rapide et enjoué, des essaims de jeunes femmes en robes à pois soulèvent la poussière. Lors de la feria, la plupart des femmes adoptent la robe flamenca, le costume de gitane. Leurs petites filles affublées des mêmes atours ressemblent à des poupées, perdues dans les volants.

"A l'heure où la nuit tombait,
nuit de la nuit toute pleine,
les gitans sur leurs enclumes
forgeaient des soleils et des flèches..."

Troubadours et forgerons
Utrera est un des berceaux du flamenco, qui a jailli ici, au coeur occidental de l'Andalousie, le long du fleuve Guadalquivir, entre Utrera, Cadix, Jérez et Séville. Comme les oliviers qui recouvrent avec constance la terre rouge et plate de la plaine, le flamenco a trouvé ici un terrain poussiéreux mais fertile. Ses racines sont profondes. Elles se confondent avec l'histoire de ses interprètes de toujours: les gitans, ce peuple de culture orale dont l'origine se situe probablement en Inde. Arrivés en Espagne au XVe siècle, les gitans exercent aussitôt leurs talents de musiciens, à travers le chant et la danse. Ils participent aux réjouissances populaires, allant de village en village, invités souvent par les nobles qui les paient pour animer leurs réceptions. Ils exercent également les métiers de forgeron, maréchal-ferrant ou dresseur de chevaux. Mais ces gens venus d'ailleurs, nomades incontrôlables, allaient susciter la méfiance et la haine du pouvoir. La répression et l'extermination des gitans s'organisent. En 1749, l'évêque d'Oviedo demande leur arrestation générale.

Certains gitans sont exemptés des lois en vigueur grâce au service rendu par un des leurs dans l'armée des Flandres. D'où leur surnom de "Flamenco", les Flamands. Devenus sédentaires, ils s'installent dans les villes et les villages, et c'est des quartiers gitans que jaillira au début du XIXe siècle la musique baptisée elle aussi flamenco.

Une histoire de famille
Le flamenco est apparenté aux chants traditionnels andalous, que les gitans avaient interprétés dans leur passé de musiciens. Pourtant, ces airs, à l'origine légers et joyeux, sont méconnaissables. Ils portent les stigmates d'une longue période de souffrance et d'enfermement. Les rythmes ont éclaté, se chargeant de ruptures insolites aux tonalités orientales. Le chant est devenu plus profond, blessé, tragique.

C'est par l'intermédiaire de quelques familles gitanes bien intégrées, parfois même métissées, qu'il va apparaître au grand jour et se diffuser.

"Dans la nuit du jardin,
six gitanes
dansent,
habillées de blanc..."

Fernanda de Utrera et sa soeur Bernarda, elle aussi chanteuse, sont issues de ces quelques familles qui forment la dynastie du flamenco. La plupart des interprètes d'aujourd'hui sont parents, cousins plus ou moins éloignés. Leurs ancêtres se nomment Ortega, Jiménez, Pavón ou Pinini, tous gitans. C'est avec l'irruption des cafés "cantante", les cafés chantants et plus tard les "tablaos" ou cabarets, que le flamenco engendrera ses artistes professionnels, et parfois sa propre décadence.

A Utrera, le berceau du flamenco se situe au coeur du vieux bourg, dans la Calle Nueva, la rue où vivait traditionnellement la communauté gitane. Une ruelle bordée de maisons blanches et basses, bâties autour de patios et surmontées de terrasses, qui semblent nous rappeler que Tanger et sa médina sont plus proches à vol d'oiseau que Madrid. C'est ici que sont nés les chants d'Utrera.

Triana la nostalgique
Nous quittons Utrera pour Séville, à l'heure où le soleil chasse l'ombre et où la torpeur gagne. Voilà quelques jours que nous traînons en vain, en quête de flamenco. Car le chant n'est accessible qu'à celui qui peut s'introduire dans l'intimité du monde gitan. C'est au sein de l'ancien quartier gitan de Séville, le quartier populaire de Triana, qui borde le Guadalquivir, que nous allons avoir la sensation de l'approcher à nouveau, le temps d'un après-midi.

"La guitare fait
pleurer les rêves.
Un sanglot
d'âmes perdues
sort de sa bouche
ronde..."

Parmi les chants les plus proches des racines du flamenco, le martinete est né dans les forges gitanes. Salvador Vega en est un des derniers dépositaires. Dans sa forge du quartier de Triana, la dernière aujourd'hui en activité, il reçoit souvent des chanteurs qui lui demandent d'interpréter quelques morceaux oubliés, puisque le flamenco se transmet de bouche à oreille, sans jamais de partitions: "J'ai appris le travail de la forge en même temps que le chant du martinete, avec mon grand-père et mon oncle. A l'époque, ils travaillaient pour le maréchal-ferrant. Le martinete s'interprétait à trois hommes: un qui chantait en activant le feu, et les deux autres qui donnaient le rythme en frappant de leurs lourds marteaux sur le métal."

"Va-t-en lune, lune, lune,
si les gitans revenaient,
ils feraient de ton coeur
des colliers, des bagues blanches..."

Salvador a fini sa journée. Il nous propose d'aller boire quelques verres dans un bar voisin, le rendez-vous des "aficionados" (initiés) de flamenco et des gitans. Au mur, des tenues de toreros et des représentations de la Vierge. Les verres sont posés sur un tonneau. Le soleil de midi commence tout juste à baisser. Puis les heures vont défiler sans raison, embrumées de fumée de tabac. La bière coule à flots. Un homme se met à chanter, sans accompagnement, seulement quelques "palmas" de ses compagnons qui dansent. Jusqu'à ce que la nuit tombe, bien après que le patron a baissé le rideau, il va chanter, crier, râper sa voix. On murmure que cet homme sort de prison. Il y a passé deux années. Deux années qui remontent dans sa gorge et se consument dans son cri.

Le mariage d'une terre avec le feu
Crier ses états d'âme, c'est aussi faire don de soi. Quand la voix du chanteur se trouve mêlée aux furieux claquements de talon de la danseuse ou du danseur, alors le flamenco célèbre ses noces avec la terre, comme en un rite mystérieux et ancestral.

Le plancher grince et tousse sa poussière lorsque la chanteuse Concha Vargas livre à ses élèves les secrets du "zapateo", la technique de frappe rythmique du sol avec la pointe et le talon des chaussures. Elle empoigne sa jupe des deux mains, la soulevant au-dessus du genou et entame un pas chaloupé comme si elle voulait enfoncer le sol. La beauté réside dans la crudité du geste, loin des canons éthérés de la danse contemporaine. Les lourds cheveux sombres et le regard noir de Concha, sa force et sa violence la distinguent immanquablement d'une sylphide. Devant la perplexité des apprenties danseuses, elle leur lance un mot rassurant: "Cela doit sortir, vous allez le sentir. Moi-même, j'ai travaillé des jours et des nuits pour réussir ce pas!"

"Oh la peine des gitans!
Peine intacte et toujours seule.
Peine des courants obscurs
et du matin qui s'éloigne!..."

Concha Vargas a grandi dans l'intimité des plus grands chanteurs de flamenco. Son baptême du feu, ce fut une danse qu'elle exécuta à l'âge de 12 ans lors d'un festival, devant son père et ses amis: Antonio Mareina, Terremoto ou Chocolate, des noms aujourd'hui légendaires. De son côté, la danseuse Manuela Carrasco a choisi de baptiser son dernier ballet "La racine du cri". Ce cri, qu'il soit chanté, dansé ou arraché aux cordes d'une guitare, c'est l'héritage brûlant du flamenco. Le danseur Mario Maya portait lui aussi cet héritage dans les années soixante. Il avait alors à peine 10 ans et il dansait pour les touristes, en échange de quelques cigarettes, devant les grottes du quartier gitan de Sacromonte, à Grenade. Une peintre anglaise qui séjournait régulièrement près de l'Alhambra fit son portrait et, persuadée du talent du garçon, vendit la toile en Grande-Bretagne puis lui envoya l'argent qui lui permit de s'inscrire dans une académie de Madrid. Trente ans plus tard, le portrait du jeune gitan de Grenade doit toujours être accroché quelque part, dans un salon anglais, symbole d'un flamenco qui fait vibrer les coeurs et la terre. Mario Maya, lui, danse toujours.

Le dernier concert du guitariste gitan Pedro Bacan est un hommage à cette terre andalouse puisqu'il est baptisé "Marisma. del Pentagrame a la fuente". La Marisma, c'est le nom donné aux marais qui couvrent le delta du fleuve Guadalquivir: "C'est la terre où j'ai vu le jour, à laquelle j'appartiens. Dans la Marisma, le ciel est immense, absolument immense. On s'y jetterait pour voler."

Déchiré, lourd de sentiments poignants, un long cri s'élève de la terre chaude.

Texte d'Isabelle Fougère

Posté par Gelso à 11:17 - - Commentaires [0] - Permalien [#]